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La mère d’Eva

De Sylvia Ferreri traduit par Chantal Moiroud aux Editions Hervé Chopin

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J’ai eu la chance de recevoir ce roman, dont les retours magnifiques et unanimes m’avaient convaincue, grâce à une masse critique de Babelio. Je les remercie ainsi que la maison d’édition.

L’histoire : 

Pendant que sa fille Eva vit le moment le plus important de sa vie, sa mère attend et se remémore leur dix-huit ans d’amour.

Mon avis : 

Deuxième roman de cette rentrée littéraire lu sur le sujet de la dysphorie du genre mais raconté par un proche. Sur l’idée de départ, il y a sans conteste des similitudes, hasard du calendrier! Pour autant le cri d’amour d’une mère a une résonnance différente. La mère d’Eva attend, attend la naissance d’Alessandro après des années de combat. Elle vient d’une famille de filles, son enfant n’a pas échappé à cette lignée et pourtant très tôt Eva va se démarquer des petites filles.

Pendant ces heures où sa fille se fait « démembrer » cette mère fait une introspection de ces dix-huit dernières années. De l’amour du couple est né une petit fille, un bonheur sans ombre, une relation fusionnelle, où les premiers jours ont été passés dans un cocon à trois puis à deux lorsque le père a repris le travail. S’épanouir dans ce rôle, faire corps avec Eva en la nourrissant, la partie sur l’allaitement m’a vraiment parlé, moi qui allaite toujours ma fille, pouvoir regarder, toucher, sentir ce petit être se nourrir de nous quelle merveilleuse expérience. Les années passent et les premiers signes du mal-être apparaissent. Que faire? Le déni? Accepter? Certes mais en espérant que tout rentre dans l’ordre? 

Sylvia Ferreri nous conte l’amour d’une mère, un amour qui fait mal car nous n’engendrons pas nos enfants pour les façonner à notre bon vouloir cependant certains de leur choix peuvent nous être incompréhensibles, mais refuser peut nous éloigner à jamais. Comment supporter voir son enfant au plus mal? Comment l’accompagner sans le trahir? Il n’y a pas de solutions miracles, des erreurs peuvent être commises. Cela remet-il en cause l’amour? Cette mère aime sa fille quoiqu’il advienne, leurs incompréhensions n’en sont que plus difficiles à vivre. Cette introspection est magnifique, elle vibre au plus profond de mon cœur de mère. 

En parallèle, on découvre toute la difficulté de la dysphorie du genre, comprendre, s’accepter, se faire accepter surtout par ceux qu’on aime. Un combat de tous les jours. Toutes ces démarches pour enfin vivre en adéquation avec ce qu’ils sont au plus profond d’eux. Le roman relate cela, il me semble avec précision certes avec le regard de la mère mais elle souffre en même temps que sa fille alors leur douleur se fait notre. 

Ce roman est d’une justesse et d’une poésie remarquable, j’ai été bouleversée. Il parle de la vie, des épreuves à surmonter et de l’amour d’une mère pour sa fille, un amour au-delà de tout. Je vous conseille de découvrir ce roman qui pour un premier est une merveille. 

 

 

3 commentaires sur “La mère d’Eva

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